Partie 2 Galerie des portraits

Tête de Trajan

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Tête de Trajan
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Tête de Trajan
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Tête de Trajan
Tête de Trajan
Données biographiques
53 – 117 Empereur de 98 à 117
empereur de 98 à 117
Date de création
entre 103 et 114
Type
type dit "du sacrifice", "Opferbildtypus"
Matériau
Marbre lychnites (île de Paros)
Dimensions
H. 37 ; Hauteur tête : 25 x l. 20 x P. 20 (cm)
Numéro d’inventaire
Ra 58 a (1)
Fouilles archéologiques
Fouilles 1826
Crédits photographiques
Daniel Martin

Quatre morceaux jointifs ont permis de reconstituer en grande partie cette tête dont le nez est entièrement cassé et en partie retaillé pour la restauration (les trous de trois goujons qui fixaient la prothèse ont aujourd’hui été rebouchés). L’oreille droite a été cassée dès l’Antiquité : la cavité recreusée et piquetée pour la réparation montre des concrétions analogues à celles visibles sur le reste de l’œuvre. Le travail des mèches est très soigné et d’une grande précision à l’arrière (en particulier sur la calotte recollée en-dessous du vertex) et sur les côtés, derrière les oreilles. Sur toute la frange frontale et sur les tempes, de vigoureux sillons de trépan les détachent les unes des autres, accrochant la lumière et y déposant l’ombre. Les caroncules lacrymales sont à peine marquées. Trois plis horizontaux barrent le cou, au-dessus de la dépression assez sensible au départ des clavicules.

Il s’agit ici du quatrième portrait de Trajan découvert à Chiragan ! Le type iconographique, dit « du Sacrifice » (Opferbildtypus), est, comme pour le buste inv. Ra 117, à nouveau clairement identifiable, en raison de la « pince » qui interrompt la direction générale de la frange frontale au-dessus de l’œil gauche. On s’étonnera peut-être de la présence de deux exemplaires de ce même type dans les séries de Chiragan, même si une situation identique se présente pour deux des effigies de Septime Sévère. Dans le cas de Trajan, l’explication se trouve, très vraisemblablement, dans le fait que cette tête-ci, dont le cou s’achève par un bouchon d’encastrement, provient d’une statue, et non d’un buste, comme quasiment tous les autres portraits de la villa. Il s’agirait même, plus précisément, d’une statue cuirassée, comme l’indique la dissymétrie du bas du cou, caractéristique de la découpe de statues au grand manteau (paludamentum) replié sur l’épaule gauche. Cette statue n’était donc peut-être pas exposée au même endroit que les bustes et pouvait fort bien orner une cour, plutôt qu’une galerie couverte ou une salle d’apparat.

Au plan technique, on remarquera l’usage plus accusé du trépan, qui donne davantage de relief aux mèches de la frange frontale et de la tempe droite et plus de profondeur au regard. Moins froid que le buste inv. Ra 117, ce portrait est l’œuvre d’un autre atelier. On admirera tout particulièrement la précision avec laquelle ont été détaillées les mèches du vertex et de la nuque, et le subtil dégradé de leur relief là où elles viennent recouvrir celles qui les précèdent. L’œuvre sort, une fois de plus, d’une des meilleures officines de l’Urbs.

D’après J.-C. Balty, « 4. Tête de Trajan » dans Balty J.-C., Cazes, D., Rosso E., Sculptures antiques de Chiragan (Martres-Tolosane) : Les portraits romains, 1 : Le siècle des antonins, Toulouse, Musée Saint-Raymond, p. 115-117, fig. 42-45.

Bibliographie

    Pour citer cette notice

    Capus P., "Tête de Trajan", dans Les sculptures de la villa romaine de Chiragan, Toulouse, 2019, en ligne <https://villachiragan-apercu.studi-o.dev/ark:/87276/a_Ra_58_a_(1)>.