Les fragments, nombreux, qui composent cette partie témoignent, s’il était encore nécessaire de le souligner, de l’extraordinaire gisement que peut représenter un tel site. Tous les exemplaires illustrés ici font l’objet d’une simple et sommaire fiche technique à défaut de pouvoir extraire davantage d’informations. Ce sont donc des vestiges, des éclats de ce qui fut, les disjecta membra ou « membres dispersés », ainsi que l’on définit en archéologie ce mobilier morcelé, formule inspirée par les « disjecti membra poetae » évoqués par Horace, dans l’une de ses Satires. L’identification de ces lambeaux de marbre, impossible à associer, représente une véritable gageure. Fragments de corps, de portraits, d’animaux ou de décor de placage, ils n’en demeurent pas moins des « œuvres » dans le cadre du musée et de ses mission de conservation, soit la stricte classification, conjuguée à un inventaire qui ne l’est pas moins. Ainsi, après avoir été négligés, entassés et mêlés dans des caisses, devenus insignifiants jusqu’à être oubliés à force de découvertes plus spectaculaires, chacun d’eux, désormais pourvu d’un numéro, a bénéficié d’un conditionnement et, aujourd’hui enfin, par cette publication, d’une visibilité.
Pour citer cette partie
Capus P., « Disjecta membra », dans Les sculptures de la villa romaine de Chiragan, Toulouse, 2019, en ligne <https://villachiragan-apercu.studi-o.dev/partie-05>.