Tête de jeune satyre dit « Portrait de jeune garçon »








- Date de création
- période impériale romaine
- Matériau
- Marbre blanc
- Dimensions
- H. 162 x l. 132 x P. 14 (cm)
- Numéro d’inventaire
- Ra 132
- Fouilles archéologiques
- Fouilles Léon Joulin 1897-1899
- Crédits photographiques
- Daniel Martin
Henri Rachou, ancien conservateur du musée, estimait « choquante » la disproportion entre le bas de la figure et le crâne de cette petite tête. Oreilles pointues de capridé et chevelure en bataille signalent bien ici une représentation de satyre, étonnamment renommée, par la suite, « Portrait d’un jeune garçon ».
La tête engage une franche rotation vers la gauche, le sculpteur soulignant ce pivotement en décrivant la tension du muscle sterno-cléido-mastoïdien dans la partie droite du cou. La chevelure est traitée en grande masse de mèches, relativement grossières, en particulier à l’arrière du crâne, même si plus délicatement retranscrites au niveau de la frange frontale et au-dessus de l’oreille droite. À l’arrière de l’oreille droite, le sculpteur a nettement dégagé au ciseau et à la pointe un groupe de mèche qui se détache du cou. Au-dessus de l’arête du nez, le muscle procerus fait saillie en raison des sourcils froncés qui donnent au visage un air menaçant.
Les figures de demi-dieux rustiques, satyres et silènes, intimement liés à l’environnement bacchique, sont communes dans le décor des villas où elles peuplent les mosaïques et les peintures, agrémentent les services à vin, apparaissent sous la lumière vacillante sur les médaillons des lampes, surgissent sous forme de statuettes au détour d’un massif ou d’un couloir. Les longues oreilles pointues du satyre, ses cornes, sa queue et ses pattes de chèvre se font l’écho de l’animalité lubrique et de la marginalité d’une créature qui échappe à toutes les normes établies dans le cadre de l’espace civil. Verseurs de vin, parfois ivres et endormis, les satyres dansent aussi au son des instruments, tel le scabellum, instrument-chaussure qui, à l’image des autres instruments à percussion, est régulièrement associés au thiase et aux chorégraphies dionysiaques A. Bélis, ; « κ\rhoo\acuteυ\pi\varepsilonζαι, Scabellum », Bulletin de correspondance hellénique, 112, 1, 1988, p. 323‑339 ; , en partic. p. 13..
Si la hauteur de cette tête autorise à envisager un corps d’environ 1,20 mètre (sans prendre en considération les écarts de proportions tolérés pour une telle créature, qui ressort du domaine de la monstruosité), la sculpture originelle était donc de moyen format. Typologiquement, elle entre dans le corpus
des têtes de satyres répertoriées, dont un certain nombre dérivaient probablement d’un original grec du Ier siècle avant n.-è. <a href= »/images/comp-ra-132-1.jpg »class= »comparaison »><span class= »img-comparaison »><img src= »/images/comp-ra-132-1.jpg » alt= »Tête de jeune satyre, inv. y1985-41/Image courtesy of the Princeton University Art Museum – Public Domain »/></span>un exemplaire du Princeton University Art Museum, inv. Y1985-41, représente un bel exemple</a>
[^note-01].
Pascal Capus
[^note-01] : voir aussi la tête de Chiragan inv. Ra 131.
Bibliographie
Pour citer cette notice
Capus P., "Tête de jeune satyre dit « Portrait de jeune garçon »", dans Les sculptures de la villa romaine de Chiragan, Toulouse, 2019, en ligne <https://villachiragan-apercu.studi-o.dev/ark:/87276/a_Ra_132>.