Tête de Mercure (?)








- Date de création
- entre le IIe et IIIe siècle
- Matériau
- Marbre blanc
- Dimensions
- H. 25 x l. 185 x P. 20 (cm)
- Numéro d’inventaire
- Ra 89
- Crédits photographiques
- Daniel Martin
La chevelure est, ici, composée de mèches épaisses et broussailleuses, bien plus détaillées et soignées sur la partie antérieure du crâne. Ce schéma, consistant à accorder davantage de plasticité aux boucles situées à proximité du visage, rappelle l’esthétique privilégiée dans le portrait d’époque hellénistique. La division oblique en deux parties inégales semble rappeler, d’un point de vue formel, celle des monarques comme des athlètes dont la tête était ceinte d’un bandeau ou d’un diadème (différemment nommés, en fonction des contextes, mitra, strophion, tainia) (voir notamment, à ce sujet, K. Tréhuedic, ; « Les insignes du pouvoir à l’époque hellénistique. Problèmes lexicaux et méthodologiques », ; E. Santinelli, C.-G. Schwentzel (éd.), La puissance royale : image et pouvoir de l’Antiquité au Moyen âge [actes du colloque, Université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis, 1er-2 octobre 2010] (Histoire), Rennes, 2012, p. 195‑206 ; , 195-206.. Il n’est qu’à observer la tête du grand Sérapis ([Ra 29](/ra-29))</a> pour remarquer une semblable dissonance dans la conception du schéma capillaire entre avant et arrière du crâne M. Bergmann, ; Chiragan, Aphrodisias, Konstantinopel : zur mythologischen Skulptur der Spätantike (Palilia), Wiesbaden, 1999.
. Nous ne saurions cependant établir un parallèle stylistique entre notre tête et la statue du dieu égyptien, dont la conception d’ensemble ne relève pas, à mon avis, du même atelier.
À l’avant, la chevelure est donc profondément fouillée et marquée de sillons exécutés au gravelet, ou ciseau droit. Sur le côté gauche, parmi l’étagement de boucles plus clairement constitué que sur la partie opposée, se distingue quelques mèches qui forment un insolite motif en rais-de-cœur. Enfin, autour du front, une série de flammèches donnent l’impression d’un schéma rayonnant.
L’héritage hellénistique, et en particulier la sculpture post-lysippienne, demeurent encore sensibles, à l’image du gonflement caractéristique du muscle orbiculaire supérieur ou des lèvres légèrement entrouvertes. On remarquera cependant l’absence d’une quelconque ride d’expression au niveau du front, lisse et fuyant. En raison du manque de vigueur des traits, il émane du visage une impression vaporeuse. Cet aspect lisse et sans aspérité renvoie, encore une fois, au style de certains ateliers orientaux (missing reference). Malgré l’absence d’un quelconque attribut et si aucune affirmation n’est possible quant à l’identification de ce personnage, Léon Joulin proposa Méléagre ou bien Mercure.
Pascal Capus
Bibliographie
Pour citer cette notice
Capus P., "Tête de Mercure (?)", dans Les sculptures de la villa romaine de Chiragan, Toulouse, 2019, en ligne <https://villachiragan-apercu.studi-o.dev/ark:/87276/a_Ra_89>.