Hercule au repos




- Date de création
- IIe-IIIe siècle
- Matériau
- Marbre de Saint-Béat (Haute-Garonne)
- Dimensions
- H. 62 x l. 45 x P. 21 (cm)
- Numéro d’inventaire
- Ra 115
- Crédits photographiques
- Daniel Martin
Après avoir accompli tous les travaux qui lui furent commandés par Eurysthée, son cousin et rival, le héros se repose, appuyé sur sa massue en bois d’olivier, recouverte de la peau du lion de Némée. Le prototype en bronze, œuvre du sculpteur grec du IVe siècle av. J.-C., Lysippe, connut un immense succès. C’est le marbre monumental de près de trois mètres de haut, conservé à Naples depuis 1787, qui permit d’identifier le type statuaire
. Découverte dans les Thermes de Caracalla, à Rome, en 1546, lors des fouilles initiées par Paul III Farnèse, l’œuvre était signée par le copiste d’origine grecque, Glykon d’Athènes C. Gasparri, ; « The Making of an Icon. The Farnese Hercules and the Power of Place », ; Serial/Portable Classic, Multiplying Art in Greece and Rome, Milan, Venise, 2015, p. 171‑179 ; , p. 171.. Dans le même ensemble thermal, fut découvert un second Hercule, dit « Latin », tout aussi colossal. Il est aujourd’hui visible au Palais Royal de Caserte (référence introuvable). Dans la main droite, ramenée dans le dos, Hercule cache à la vue les pommes d’or, ramenées du Jardin des Hespérides, dans l’extrême Occident P. Pensabene, ; « Villa di Piazza Armerina : intervento della Sapienza-Università di Roma », SEIA Quaderni Dipartimento Scienze Archeologiche e Storiche dell’Antichità Università di Macerata, 15-16, 2010–2011, p. 31‑89 ; , en partic. p. 42 en particulier.. Afin d’apercevoir les fruits sacrés et prendre ainsi conscience de la finitude qui affecte aussi bien les épreuves que l’existence humaine, le spectateur doit, dans une démarche dynamique, engager un déplacement circulaire, depuis le côté gauche M. Cadario, ; « L’importanza dell’osservatore nella scultura ellenistica », ; A. Eckstein (éd.), L’ellenismo come categoria storica e come categoria ideale, Milan, 2013 ; , p. 83-84..
Plusieurs études ont analysé, selon les principes de la Kopienkritik, les nombreuses reprises et dérivés des époques hellénistique et romaine P. Moreno, ; Lisippo : l’arte e la fortuna. Mostra, Palazzo delle esposizioni, Roma, 1995, Milan, 1995 ; , p. 242-250.. L’époque antonine, puis le IIIe siècle, connurent ainsi une répétition (Wiederholungen) plus ou moins libre du modèle G. Colzani, ; « Ercole Tipo Farnese e Tipo Caserta: Le Repliche Di Formato Colossale », ACME, 73, 2, 2020, p. 71‑96 ; , en partic. 73.. Cependant, en raison de quelques modifications sensibles, les variantes romaines brouillent quelque peu la vision de ce que dut être, réellement, l’original grec. La version toulousaine, avec sa jambe droite écartée et la composition de l’ensemble léonté-massue, peut raisonnablement être rapprochée des figures colossales de Caserte ou encore de l’exemplaire du théâtre de Pergé, conservé au musée d’Antalya, ainsi que du bronze de dimension bien plus modeste provenant de Foligno, au musée du Louvre J. Inan, ; « Heraklesstatue Vom Typus Des « Herakles Farnese » Aus Perge.(Zur Hälfte Im Antalya Museum, Zur Hälfte Im Museum of Fine Arts in Boston) », ; MOΥ\SigmaIKOΣANEP, Festschrift Für Max Wegner Zum 90, 1992, p. 223‑232 ; , p. 223-232. C. Rolley, ; La sculpture grecque , 2 : La période classique (Les manuels d’art et d’archéologie antique), Paris, 1999 ; , p. 335-336..
Par ailleurs, et ce n’est pas là le moindre détail, cette sculpture n’a pas été importée à Chiragan mais conçue sur place, comme l’atteste la provenance du marbre, tout à fait local, provenant des carrières de Saint-Béat. Il s’agit là d’un nouvel indice de la circulation d’ateliers formé à l’école des marbriers orientaux et particulièrement actif, sans doute à partir du IIIe siècle, en Péninsule ibérique comme, au Sud-Ouest des Gaules, tout au long de la Garonne. Il faut enfin noter qu’un second Hercule au repos, de même format, provient de Chiragan ([inv. Ra 48](/ra-48)). À l’image des exemplaires monumentaux de Rome, cette autre version fut mise au jour dans le grand ensemble thermal de la villa V. Costes et al., ; « Rapport Sur Les Nouvelles Fouilles de Martres », Mémoires de la Société archéologique du midi de la France, V, 1841–1847, p. 113‑119 ; , en partic. p. V, pl. IX. É. Espérandieu, ; Recueil général des bas-reliefs de la Gaule romaine, 2. Aquitaine, Paris, 1908 ; , p. 33-34..
Pascal Capus
Bibliographie
- Attanasio, Bruno, Prochaska 2021 D. Attanasio, M. Bruno, W. Prochaska, Göktepe Marbles. White, Black and Two-Tone, L’Erma di Bretschneider, Roma, Bristol.
- Cazes et al. 1999 D. Cazes, E. Ugaglia, V. Geneviève, L. Mouysset, J.-C. Arramond, Q. Cazes, Le Musée Saint-Raymond : musée des Antiques de Toulouse, Toulouse-Paris. p. 110-111
- Centro de Exposiciones Arte Canal 2007 Centro de Exposiciones Arte Canal, Roma S.P.Q.R : Senatus Populus Que Romanus. Exhibition Centro de Exposiciones Arte Canal, Madrid, 20 november 2007 - 2 march 2008, Madrid. p. 171, no 102
- Espérandieu 1908 É. Espérandieu, Recueil général des bas-reliefs de la Gaule romaine, 2. Aquitaine, Paris. no 893
- Joulin 1901 L. Joulin, Les établissements gallo-romains de la plaine de Martres-Tolosane (Mémoires présentés par divers savants à l’Académie des inscriptions et belles-lettres), Paris. fig. 138 D, 147 E
- Rachou 1912 H. Rachou, Catalogue des collections de sculpture et d’épigraphie du musée de Toulouse, Toulouse. no 115
- Slavazzi 1996 F. Slavazzi, Italia verius quam provincia : diffusione e funzioni delle copie di sculture greche nella Gallia Narbonensis (Aucnus), Naples. fig. 30
Pour citer cette notice
Capus P., "Hercule au repos", dans Les sculptures de la villa romaine de Chiragan, Toulouse, 2019, en ligne <https://villachiragan-apercu.studi-o.dev/ark:/87276/a_ra_115>.