Jambe et massue du cycle d’Hercule

- Date de création
- période impériale romaine
- Matériau
- Marbre
- Dimensions
- l. 28 x L. 45 x P. 20 (cm)
- Numéro d’inventaire
- 2000.311.17
- Fouilles archéologiques
- Fouilles Albert Lebègue et Abel Ferré 1890
- Crédits photographiques
- Daniel Martin
Le 13 décembre 1890, Abel Ferré demande à être relevé de ses fonctions, démarche qu’il regrette profondément, face aux exigences et au caractère insupportable du propriétaire du terrain, Guillaume Saboulard. Mais il n’omet pas de rapporter ses dernière découvertes, dont ce fragment (MS129, f. 365-366).
Reconnaître ici un fragment du cycle herculéen ne pose pas de problème. Cette jambe fragmentaire, aurait-elle été dépourvue de l’attribut d’Hercule, ici tourné vers le sol, elle témoigne de caractéristiques techniques et formelles tout à fait typique de l’atelier de Chiragan. La description anatomique est spectaculaire et témoigne de la revitalisation, en Occident, de l’art hellénistique. On sait combien celui-ci se distinguait, entre autres, par une emphase musculaire permanente des corps masculin. Dans le monde grec, la culture du gymnase et de l’effort physique intensif fut à l’origine de cette célébration de l’athlète. Ce dernier, dont la musculature était notamment magnifiée par l’huile apposée sur l’intégralité du corps, devint un modèle essentiel, dans tut le monde classique, du citoyen au chef d’État [^note-01]. L’Héraclès grec représentant l’athlète par excellence, c’est lui qui fut pris comme le modèle absolu de toutes les tentatives d’assimilation de son courage et d’assimilation de son corps. La puissance physique du fils de Jupiter fut portée à son paroxysme par l’image qu’en fit, au IVe siècle avant n. è. Lysippe de Sicyone, qui poursuivit le travail entrepris par Polyclète au siècle précédent. Son Hercule au repos, connu par de nombreuses répliques, fit florès et demeure l’une des images les plus significatives de la démesure physique.
La jambe de Chiragan se fait donc l’écho, quelque six siècles plus tard, de ce style. Les quatre muscles du quadriceps sont distincts ainsi que, pour la partie inférieure, le long fibulaire et le tibial antérieur. La description du membre est ainsi relativement conforme à la réalité anatomique, si ce n’était la forme circulaire étrange et les lignes plus graphique et moins conforme à la réalité qui cerne le genou. Ce sont justement ces détails qui rapprochent le travail de cet atelier de la sculpture d’Aphrodisias N. Hannestad, ; Tradition in Late Antique Sculpture : Conservation, Modernization, Production (Acta Jutlandica. Humanities Series), Aarhus, 1994 ; , p. 139-40. ; M. Bergmann, ; « Un ensemble de sculptures de la villa romaine de Chiragan, oeuvre de sculpteurs d’Asie Mineure, en marbre de Saint-Béat ? », ; J. Cabanot, R. Sablayrolles, J.-L. Schenck (éd.), Les marbres blancs des Pyrénées : approches scientifiques et historiques. Colloque, 14-16 octobre 1993, Saint-Bertrand-de-Comminges, Saint-Bertrand-de-Comminges, 1995, p. 197‑205. ; M. Bergmann, ; Chiragan, Aphrodisias, Konstantinopel : zur mythologischen Skulptur der Spätantike (Palilia), Wiesbaden, 1999 ; , p. 32, 35. ; L.M. Stirling, ; The Learned Collector : Mythological Statuettes and Classical Taste in Late Antique Gaul, Ann Arbor, 2005 ; , p. 57..
Pascal Capus
[^note-01] : voir notamment, à ce sujet M.M. Lee, ; « Body-Modification in Classical Greece », ; T. Fögen (éd.), Bodies and Boundaries in Graeco-Roman Antiquity, Berlin, 2009 ; , p. 159..
Bibliographie
Pour citer cette notice
Capus P., "Jambe et massue du cycle d’Hercule", dans Les sculptures de la villa romaine de Chiragan, Toulouse, 2019, en ligne <https://villachiragan-apercu.studi-o.dev/ark:/87276/a_2000_311_17>.