Partie 4 L’antiquité tardive

Tête de jeune femme en relief

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Tête de jeune femme en relief
Tête de jeune femme en relief
Tête de jeune femme en relief
Date de création
Fin du IIIe siècle (?)
Matériau
Marbre blanc à gros cristaux du type Saint-Béat
Dimensions
H. 27,5 x l. 22,5 x P. 19 x E. Ép. de la plaque de fond: 5 à 5,5 (cm)
Numéro d’inventaire
Ra 365
Crédits photographiques
Daniel Martin

Cinq fragments, dont celui-ci, sont caractérisés par une même altération de l’épiderme, inhérente à un contexte archéologique probablement identique. S’ils appartiennent à des reliefs différents, une même thématique les réunit et les reliefs se faisaient vraisemblablement pendants. Ils composaient donc un ensemble iconographique exceptionnel. Les mèches sont séparées par de profonds canaux et reliées par de petits « ponts », pas entièrement évidés et restant solidaires du fond de la plaque. Des trépans de diverses grosseurs ont été utilisés pour la glande lacrymale, le creux des narines et de l’oreille, la ligne séparant les lèvres, pour dessiner le bandeau qui enserre les cheveux et pour rehausser d’un léger accent ou d’un point les accroche-cœurs. Le reste de la chevelure, sur le dessus du crâne, n’est qu’à peine effleuré par l’instrument. La tête de profil est de taille quasiment grandeur nature. Les lourdes mèches torsadées sur les tempes sont ramenées en chignon dans la nuque où elles rejoignent une fine tresse venue du dessus du front, dans l’axe même du crâne ; quelques accroche-cœurs s’échappent de l’ensemble de la chevelure, sur le front, devant l’oreille et dans la nuque ; un étroit bandeau retient les cheveux en place autour de la tête, au-dessus de l’épaisse couronne de mèches ondées.

Cette figure féminine était-elle une musicienne qui accompagnait la cérémonie d’ouverture des jeux, évoquée par le grand personnage masculin tenant la mappa (inv. Ra 50 bis, Ra 97 et Ra 98) ? Quelques images d’organistes, aujourd’hui conservées, montrent cependant les musiciens généralement de face, debout derrière leur instrument. Ces organistes étaient très souvent des femmes, comme en témoignent, notamment, <a href= »/images/comp-ra-365-1.jpg » class= »comparaison »><span class= »img-comparaison »><img src= »/images/comp-ra-365-1.jpg » alt= »Mosaïque de Zliten. Nacéra Benseddik, CC BY-SA 1.0 Wikimedia Commons »/></span>deux scènes de la mosaïque de Zliten (Libye)</a>  Sarcophage de Iulia Tyrrania inv. FAN.1992.527, Musée départemental Arles antique © Bénali R. & Roux L. ou encore plusieurs épitaphes. À moins d’y reconnaître l’une ou l’autre personnification, évocatrice du bonheur ou des succès que l’on attend d’une année nouvelle, au seuil de celle-ci. L’un des volets du célèbre <a href= »/images/comp-id-ra-365-2.jpg » class= »comparaison »><span class= »img-comparaison »><img src= »/images/comp-ra-365-2.jpg » alt= »Diptyque des Nichomaque et des Symmaque, Musée National du Moyen Âge Paris, Victoria & Albert Museum. Marsyas/CC BY-SA/Wikimedia Commons »/></span> diptyque des Nichomaque et des Symmaque</a>  Musée national du Moyen âge-Thermes et Hôtel de Cluny,  ; L’Antiquité classique, le haut Moyen âge et Byzance au musée de Cluny : sculpture et décoration monumentales, petite sculpture, orfèvrerie et métallurgie…, Paris, 1985 ; , 104-106. ; B. Kiilerich,  ; Late Fourth Century Classicism in the Plastic Arts : Studies in the so-Called Theodosian Renaissance, Odense, 1993 ; , 144-149., certes d’un siècle postérieur, pourrait aider à entrevoir une disposition possible de la jeune femme dans l’espace rectangulaire du panneau. L’attitude de cette dernière, résolument tournée vers la droite alors que le personnage précédent est en position frontale, invite à se demander, malgré la pauvreté des éléments survivants, s’il n’existait pas, au total, trois reliefs : deux reliefs latéraux, figurant les jeux et une personnification du bonheur, à travers cette représentation féminine, de part et d’autre d’un relief central mettant en évidence le consul donnant le signal d’ouverture des jeux. »

D’après Balty 2008, Sculptures antiques de Chiragan (Martres-Tolosane) : Les portraits romains, 1 : La Tétrarchie, 1.5, p. 27 et 65-66, Toulouse, 2008.

Bibliographie

    Pour citer cette notice

    Capus P., "Tête de jeune femme en relief", dans Les sculptures de la villa romaine de Chiragan, Toulouse, 2019, en ligne <https://villachiragan-apercu.studi-o.dev/ark:/87276/a_Ra_365>.