Partie 2 Galerie des portraits

Buste de jeune garçon

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Buste de jeune garçon
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Buste de jeune garçon
Buste de jeune garçon
Date de création
Deuxième tiers du IIIe siècle
Matériau
Marbre de Dokimium (Turquie)
Dimensions
H. 36,5 x l. 25 x P. 17 (cm)
Numéro d’inventaire
Ra 125
Crédits photographiques
Daniel Martin

Ce buste de jeune garçon constitue l’un des portraits juvéniles les plus attachants découverts dans la villa de Chiragan. Par son naturalisme et sa délicatesse psychologique, l’œuvre s’inscrit dans la meilleure tradition du portrait romain d’enfants, qui se développe à partir du Haut-Empire.

L’intérêt majeur du portrait réside dans son traitement capillaire. La chevelure, coupée très court, est constituée de petites mèches peignées vers l’avant, tandis que des mèches plus longues prennent naissance au sommet du crâne. Cette particularité a longtemps conduit à rapprocher le buste des portraits d’enfants portant la célèbre
«  boucle d’Horus » (Horuslocke), traditionnellement interprétée comme le signe d’une consécration à Isis destinée à protéger l’enfant d’une mort prématurée. Les recherches récentes invitent cependant à abandonner cette interprétation. La véritable Horuslocke consiste en une longue mèche isolée sur le côté droit de la tête, tandis que les mèches du portrait de Chiragan naissent du vertex et appartiennent à un autre type de coiffure.

L’œuvre s’inscrit ainsi dans un petit groupe de portraits présentant des mèches limitées au sommet du crâne, distinct des exemplaires où de longues mèches descendent dans la nuque ou sur les épaules. Si ces dernières coiffures ont parfois été interprétées comme celles de delicati, ces jeunes esclaves qui, élevés dans les grandes demeures aristocratiques, témoignaient du luxe de la maison, cette hypothèse paraît peu convaincante pour le portrait de Chiragan. Le très jeune âge de l’enfant, son visage encore infantile et son torse partiellement dénudé invitent davantage à reconnaître l’effigie d’un garçon mort en bas âge qu’un adolescent appartenant à la domesticité.
Le vêtement participe de cette représentation. Les épaules sont découvertes, mais un manteau relativement épais enveloppe le corps selon une disposition peu fréquente dans le portrait romain. Ce type de drapé trouve quelques parallèles dans des monuments funéraires du début du IIIe siècle et souligne le caractère privé de la commande plutôt qu’une quelconque dimension officielle.

La datation repose principalement sur l’analyse stylistique de la coiffure. Les petites mèches présentent encore les caractéristiques du type a penna, largement diffusé au début du IIIe siècle, mais leur dessin devient plus libre et moins rigoureux, annonçant les évolutions stylistiques de la seconde moitié du siècle. Le traitement des pupilles, obtenu par deux coups de foret, rapproche également l’œuvre de plusieurs portraits de Gordien III. L’ensemble conduit à situer la réalisation du buste entre 235 et 245.
L’examen attentif de l’oreille droite laisse entrevoir la possibilité d’une reprise ou d’une retaille ancienne (Umarbeitung), comparable à celles observées sur d’autres portraits de Chiragan. Certaines irrégularités du modelé pourraient en constituer les vestiges, mais les indices demeurent insuffisants pour confirmer cette hypothèse avec certitude.

Contrairement à plusieurs portraits juvéniles du site, généralement rapprochés de membres de la famille impériale, rien ne permet ici d’identifier un jeune prince. Les comparaisons avec les effigies monétaires de Valérien II montrent des différences importantes tant dans la coiffure que dans la physionomie. Le torse largement découvert s’accorde également mal avec l’iconographie officielle des princes de l’Empire.

L’analyse du matériau apporte enfin un argument décisif. Réalisé en marbre de Dokimeion (Afyon), et non en marbre de Göktepe généralement réservé aux commandes impériales, le buste apparaît comme une commande privée, probablement exécutée dans un atelier romain. Il pourrait représenter le fils d’un haut fonctionnaire ou de l’un des administrateurs du vaste domaine de Chiragan, disparu prématurément. À travers cette œuvre d’une grande qualité artistique, c’est toute la sensibilité du portrait funéraire romain envers la petite enfance qui trouve ici l’une de ses expressions les plus émouvantes

D’après J.-C. Balty 2024, Sculptures antiques de Chiragan (Martres-Tolosane). I.Les portraits romains I.4 Des Sévères à la Tétrarchie,Toulouse. Musée Saint-Raymond, Musée d’archéologie de Toulouse,2024, p. 57-70.

Bibliographie

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    p.57-70
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    p. 203-217
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    no 125
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    p. 161-176

Pour citer cette notice

Capus P., "Buste de jeune garçon", dans Les sculptures de la villa romaine de Chiragan, Toulouse, 2019, en ligne <https://villachiragan-apercu.studi-o.dev/ark:/87276/a_ra_125>.